Les amulettes telles que la main de fatma

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2918945201 2Le jugement de l'Islam concernant les amulettes telles que la main de fatma

 Il est devenu courant pour beaucoup de musulmans aujourd'hui, d'utiliser des talismans ou des amulettes pour se protéger, du mauvais œil, de la jalousie, du mauvais sort, etc.

Parmi ces symboles utilisés, l'un des plus courants est certainement la main de fatma. 
Tout le monde connaît ce symbole, qui est représenté par une main à cinq doigts. Bon nombre de musulmans lui attribuent un pouvoir protecteur en l'accrochant ainsi devant leur maison, à leur cou ou même à l'intérieur de leur voiture, comme nous pouvons le remarquer ces derniers temps : une main de fatma en forme d'arbre magique. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il nous a paru important d'exposer de manière claire la position de l'islam sur le jugement de l'utilisation de ce genre d'amulettes et d'en montrer la gravité.

 

Jugement de l'islam concernant

« la main de fatma » 

 

Il est devenu courant pour beaucoup de musulmans aujourd'hui, d'utiliser des talismans ou des amulettes pour se protéger, du mauvais œil, de la jalousie, du mauvais sort, etc. Parmi ces symboles utilisés, l'un des plus courants est certainement la main de fatma.                 

Tout le monde connaît ce symbole, qui est représenté par une main à cinq doigts, certains lui attribuent des origines islamiques faisant référence à Fatima, fille du Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, d'autres affirment qu'elle a des origines juives et ferait référence aux cinq livres de la Thora, ou pourrait être originaire de la civilisation des Phéniciens.

Aussi diverses que puissent être ses origines, qui n'ont d'ailleurs aucun fondement, il n'en demeure pas moins que bon nombre de musulmans lui attribuent un pouvoir protecteur en l'accrochant ainsi devant leur maison, à leur cou ou même à l'intérieur de leur voiture, comme nous pouvons le remarquer ces derniers temps : une main de fatma en forme d'arbre magique. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il nous a paru important d'exposer de manière claire la position de l'islam sur le jugement de l'utilisation de ce genre d'amulettes et d'en montrer la gravité.

De nombreux textes qualifient clairement le fait de se rattacher à des amulettes ou tout ce qui peut y ressembler comme étant du polythéisme (chirk), et donc contraire au fondement principal de l'islam qui n'est autre que le fait d'unifier Allah le Très-Haut dans toutes les formes d'adoration. En effet, c'est là le sens même de l'attestation de foi qui constitue le premier pilier de cette religion, qui est de témoigner que nul ne mérite d'être adoré en vérité sauf Allah (la ilha illa llah) et que Mouhammed est le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui. Donc, la validité de toutes les œuvres du musulman repose sur ce seul pilier que l'on appelle Tawhid (l'unicité d'Allah), ainsi toutes les œuvres du croyant, comme prière, zakat, jeûne, pèlerinage, etc., ne peuvent être acceptées par son Seigneur uniquement si ce premier pilier est valide. Il n'est donc pas possible de réaliser et de concrétiser véritablement son islam si l'on altère son fondement principal en commettant ce qui pourrait le rendre incomplet, voire l'annuler. Car ce qui s'oppose au Tawhid (l'unicité d'Allah) est de deux types :

·         Ce qui s'oppose au fondement du Tawhid. Il s'agit du polythéisme majeur qui, lorsqu'il est commis par un musulman responsable de ses actes (moukalaf), annule son Tawhid. Ce musulman devient alors un polythéiste de telle sorte qu'il est exclu de la sphère de l'islam, il n'est donc plus considéré comme musulman.

·         Ce qui s'oppose à la perfection obligatoire du Tawhid. Cela correspond au polythéisme mineur. Si quelqu'un le commet, il annule, par là, la perfection du Tawhid, mais demeure malgré cela dans la sphère de l’islam. En effet, le Tawhid n'est parfait qu'à partir du moment où l'on se débarrasse de toutes les formes de polythéisme.

 

Allah le Très-Haut dit au sujet du polythéisme : « Certes, Allah ne pardonne pas qu'on lui donne des associés, et Il pardonne en dehors de cela à qui Il veut. » S4 v.48. Il dit aussi : « Quiconque associe à Allah (d’autres divinités,) Allah lui interdit le Paradis ; et son refuge sera le Feu. Et pour les injustes, point de secoureurs. » S5 v.72. Il dit aussi :« Et il t’a été révélé à toi ainsi qu'à ceux qui t'ont précédé que si tu donnais des associés à Allah tes œuvres seraient vaines, et tu ferais partie des perdants. Adore donc Allah et sois parmi les reconnaissants. » S39 v.65/66. 

Il dit aussi : « Et s'ils avaient donné des associés à Allah, Il aurait rendu vain ce qu'ils œuvraient. » S6 v.88. Il dit aussi : « Nous avons certes envoyé dans chaque communauté un messager pour leur dire : adorez Allah et écartez-vous du Taghout (fausses divinités), alors Allah guida certains d'entre eux, et il y en eu qui furent destinés à l'égarement... »S16 v.36. Il dit aussi : « Et adorez Allah et ne lui associez rien.» S4 v.36 Il dit aussi : « Et ton Seigneur a décrété : « N'adorez que Lui, et marquez de la bonté envers les pères et mères. » S17 v.23.  Et bien d’autres versets. 

Si l'on devait donner une définition de ce qu'est une amulette (at-tamimah) afin de mieux cerner le sujet, on pourrait dire comme l'explique l'éminent savant Saleh Ali-Cheikh dans son commentaire du livre de l'unicité qu'il s'agit :

·         De tout ce que les gens accrochent, que ce soit une peau d'animal, un collier, des invocations, des demandes de protection, ou une représentation comme une tête d'ours, de gazelle, un fer à cheval, des morceaux de tissu noir, et tout ce que l'on suspend en forme d'œil, ou les chapelets [misbaha plus connu sous le nom de as-sabha] qui ont une forme particulière. Tout ceci est englobé par le terme Tamimah (amulette, talisman ou gri-gri).

·         Une définition plus globale serait : une chose au moyen de laquelle on voudrait que le bien se réalise, ou que le mal soit repoussé, sans qu'une autorisation [divine] liée au décret religieux ou à la prédestination n'ait été accordée.

 

Certaines personnes déclarent : « J'accroche cette amulette (ou cette main) sans me figurer les significations qu'elle implique. Ainsi, j'accroche telle chose pour décorer la voiture ou embellir la maison... » comme le dit une minorité de personnes.

Nous leur répondons : si vous suspendez ces choses en considérant qu'elles sont des causes permettant de repousser ou de dissiper un mal, alors il s'agit d’un polythéisme mineur. Si vous les suspendez par simple souci de décoration, alors c'est interdit, car il y a en cela une ressemblance avec ceux qui commettent le polythéisme mineur. Or le Prophète, que la prière et la paix soient sur lui, a dit :« Quiconque imite un peuple en fait partie. »

Cependant, on pourrait se poser la question : en quoi le fait d'accrocher ou de suspendre cette main reviendrait à vouer un acte d'adoration à autre qu'Allah ? Nous répondons que l'adoration dans son sens globale ne se limite pas seulement aux actes apparents tels que la prosternation ou l'invocation, son sens est beaucoup plus large. L'adoration, en elle-même, est l'action de s'humilier devant Allah le Très-Haut par amour et vénération.

Mais elle a un sens plus particulier et l'une des meilleures définitions de ce sens-là est celle d'Ibn Taymiyya lorsqu'il dit dans son livre « el 'ouboudiyya » : « L'adoration est un terme qui englobe tout ce qu'Allah aime et agrée comme actes et paroles apparents ou cachés. » Il sous-entend, par les actes cachés, les actes du cœur comme la confiance, l'amour, la crainte, l'espérance, mais aussi la demande de protection, et tous ces actes trouvent leur essence dans le cœur du croyant. Donc à partir du moment où toutes ces œuvres sont aimées par Allah, elles deviennent donc des adorations. Par conséquent, il est interdit de les vouer à autre qu'Allah. Et c'est en ce sens que rechercher la protection contre ce qui nous cause du mal par le moyen des amulettes comme « la main de fatma » est un acte de polythéisme, et c'est le cas pour tous les moyens non légifèrés. Le seul qui est en mesure de nous protéger véritablement n'est autre qu'Allah. Donc tous les actes qui proviennent du cœur entrent dans le terme d'adoration, ce sont même les plus importants.

Il ne fait donc aucun doute que le port de cette main est un acte de polythéisme, qu'elle soit portée au cou ou suspendue à l'intérieur des voitures, et cela rejoint littéralement la pratique des polythéistes arabes avant l'islam qui croyaient que si une personne portait ce genre d'objet, ce dernier avait un effet bénéfique, que se soit par la dissipation d'un malheur après qu'il se soit produit, ou par son refoulement avant qu'il n'arrive... Ce qui est encore plus grave, car c'est croire que ces objets vils et méprisables peuvent repousser le décret divin.

Mais de quel type de polythéisme doit-on qualifier le port de cette main, de polythéisme mineur ou de polythéisme majeur ? Nous répondons que cela est considéré comme une forme de polythéisme mineur, car le cœur s'attache à cet objet, le considère comme une cause de dissipation du malheur ou de son refoulement. Or la règle à ce sujet est qu'il est permis d'avoir recours à une cause uniquement si celle-ci est islamiquement légiférée à partir d'un texte ou si l'expérience réelle a permis de la considérer parmi les causes effectives apparentes et non pas occultes, comme le médicament prescrit par le médecin, ou d'autres causes dont l'effet bénéfique est apparent : se chauffer près du feu, se rafraîchir avec de l'eau, etc. Ce sont toutes des causes visibles dont l'effet est apparent.

En dehors de cela, tous les types de polythéisme mineurs peuvent devenir majeurs, en fonction de l'état de la personne qui les commet. Ainsi, quiconque considère que « la main de fatma » n'est pas une cause, mais provoque elle-même un effet, a commis un acte de polythéisme majeur, car il a conféré le pouvoir d'agir sur la création à autre qu'Allah le Très-Haut.

Quant à la raison pour laquelle l'affirmation du caractère effectif des causes n'étant religieusement pas légiférées relève du polythéisme, cela s'explique par le fait que l'auteur d'un tel acte a associé sa propre personne à Allah en attribuant ce caractère à quelque chose. L'éminent Cheikh Al-Outheymine dit à ce sujet dans son livre (El qawlou-l-moufid 'ala kitabi-tawhid) : « ... Le port d'un anneau ou autre, s'il est porté par conviction qu'il a le pouvoir d'agir sur la création en dehors d'Allah, son auteur est par conséquent un polythéiste et a commis du polythéisme majeur qui s'oppose à l'unicité dans la seigneurie, car il a reconnu un autre créateur avec Allah [sans même le savoir]. Et s'il croit qu'il est simplement une cause [d'obtention d'un bien ou de dissipation d'un mal], sans lui attribuer ce caractère indépendant, il est alors considéré comme polythéiste de type mineur [n'excluant pas de la sphère de l'islam], car à partir du moment où il attribue à cet anneau [ou cette main] le caractère de cause, il s'est alors associé à Allah le Très-Haut en l'octroyant de son propre chef. »

  Bureau de prédication islamique de Rabwah (Riyadh)

http://www.islamhouse.com/p/288177


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